Jour 25, chaud must go on !


Carnet de voyage... / jeudi, avril 26th, 2018
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Iran
Petit déj’ dans le sous sol d’un bâtiment voisin, cet hôtel a des aspects bizarres… Jiroft est vite traversé et je retourne à la Old City pour faire des photos des remparts et des fouilles d’auberge et de marché. Pas de bol, il doit y avoir un problème le long du canal, la police est là, impossible d’emprunter mon chemin de hier. Je fais le tour par un faubourg (merci le GPS) et là c’est un choc, c’est très pauvre, par endroit l’effet bidonville est saisissant, à part que c’est plutôt roseauville, bottes de roseaux et films plastiques. J’ai déjà vu ces abris près des grandes zones de récoltes, melons, tomates, etc. sans penser qu’ils pouvaient être des habitations. Actuels esclaves d’exploiteurs à peine plus riches qu’eux.
Était-ce déjà comme cela quand Marco Polo est passé par ici ?
Je me fais un peu l’effet d’être un Marco Polo supersonique en traversant ce quartier sur ma moto à 16 000 dollars. En même temps, c’est toujours ça qu’ils veulent savoir, combien ça coûte, quelle cylindrée, à combien elle va…

Cela ne m’empêche pas d’avoir mal au cœur, c’est un moment où je ne me sens pas du tout à ma place…

Quand j’arrive à l’autre bout du chemin, même topo, police. Je n’insiste pas et je continue vers la Old City et les fouilles. Vue générale…
Détail du bassin-réservoir avec une partie d’un système de distribution.
Cette fois-ci, il y a deux gardiens, dont un est partiellement francophone (comme celui de hier, il sait dire bonjour, comment allez-vous ? et au revoir… Je suis gratifié d’un imprimé explicatif en farsi… Le voici.  Pour ceux qui ne lisent pas le farsi, euh… Bienvenue au club !

Je prends la direction de Bandar-Abbas et je traverse une zone qui est un immense puzzle de serres et de champs de palmiers dattiers, sur environ deux kilomètres, puis c’est le désert, sans transition. Et le vent. Chaud. On arrive presque à 30°C. L’ombre des rares arbres en bord de route est transformée en marchand-primeurs, et il y a parfois quatre voitures par arbre.

La plupart du temps, il n’y a que des pastèques, j’aimerais bien trouver du melon ou des oranges…
À la sortie de Khanuj, c’est chose faite. Je dois avant tout goûter la pastèque, inévitable. Elle est très bonne et pas de chichi, ici les pépins y passent. Au moment de payer, bien sûr, c’est « nonono » alors une fois équipé, je file deux billets de 10000 au gamin en douce et gaz !
Du coup je me retrouve avec 6 oranges, un demi melon (goûté et partagé avec une famille en pick-up bleu) et un quart de pastèque. La valise gauche se vide pour le porte-bagage du top case, qui finit avec les claquettes, le pied photo et la bâche du tarp.
Je cherche en vain une place à l’ombre pour m’arrêter, donc je me retrouve au soleil pour la pause, juste après une « police inspection » (en fait c’est un grand toit pour mettre à l’ombre 20 mètres de route et une série de ralentisseurs, l’inspection est à la tête du client). Je me cuisine vite fait un melon à l’Opinel™ sur pain tôftoun.
Il est où le melon ? Bâ il est dans le Fifi…

Voici Saeid qui a pris un max de selfies, m’a invité dans son SUV climatisé et m’a fourni ses coordonnées professionnelles… Si j’ai besoin de quoi que ce soit à Minab, je l’appelle. Pas de bol, je n’y vais pas.
Ici il n’y a pas de poubelles, la zone est en test pour une société de sous-traitance d’assainissement écologique. Photo de l’équipe de jour.

La nuit, chiens et chacals pour le lourd.
La route passe dans quelques zones géologiquement spectaculaires, avec des rochers ruiniformes parfois étonnants, comme cette gueule d’orc à laquelle il ne manque que les dents…

Je ne sais pas pourquoi, mais ces pick-ups bleus gagnent souvent le concours du plus pittoresque chargement.

Je traverse la ville de Bandar-Abbas pour rejoindre le parc en bord de mer. C’est marée basse, l’océan Indien est loin là-bas.

Chantier naval improvisé, c’est le Shéhérazade d’après l’inscription et mon voisin de file d’attente, disco à fond dans sa Pride qui se déglingue sans même rouler rien qu’avec ses caissons de basses.

En fait, la file d’attente, c’est l’endroit où l’on se demande si c’est prudent d’y aller, comment est le sable, etc. Bâ ça a l’air solide, vu les traces et les voitures près de l’eau.

Je me lance et je rejoins presque le bord de l’eau. Content de voir que l’extension de pied de béquille conception maison fonctionne même ici… Va falloir trouver de quoi rincer tout ce sel.

Détroit d’Ormuz, golfe Persique, océan Indien. En face, c’est l’Afrique, l’Australie, Madagascar, Pondichéry et Mooréa, puis le Pacifique…

Pour moi, ce sera Lar, dans les montagnes, car ici il fait 42°C et j’ai un peu de mal.

C’est le point le plus au sud de mon voyage. Après le plus à l’est hier, maintenant, chaque kilomètre me rapproche de la maison.

La frange côtière, à part la ville en elle-même et ses quelques parcs, n’est qu’un énorme port, flanqué d’une énorme zone d’industrie lourde et bardée d’installations militaires. Cela s’étend sur une quarantaine de kilomètres et 5 à 10 de profondeur, pas d’autre alternative, il faut traverser tout ça.

C’est long et pénible, et ensuite c’est le désert.

On m’avait dit « Bandar-Abbas c’est l’Afrique ». Je confirme.

La route bifurque vers le nord, mais le thermomètre ne faiblit pas, toujours 42°C, mais le vent en plus, et la poussière plus souvent qu’à son tour.

Il fait chaud, j’ai besoin d’une pause, je repère cette sorte de construction conique qui se répète dans le paysage. J’en vois une qui est entourée d’un réseau de pistes, j’y vais.

En fait c’est une citerne, assez profonde. Elle doit descendre jusqu’à la nappe il y a de l’eau et de la fraicheur.

Je m’installe dans la fenêtre côté nord, bien au frais, je puise un « seau » d’eau et j’y mets au frais mes oranges, ce sera toujours ça le temps que j’épluche la première.L’eau est fraîche, et claire malgré les quelques trucs qui flottent dedans (c’est surtout du plastique). Je ne manque pas d’eau, mais si besoin était, j’ai ma paille-filtre de survie.

Quitter cet endroit est difficile, mais il faut bien rejoindre l’étape. Je laisse mes deux dernières oranges à celui ou celle qui viendra puiser de l’eau ici. Une pensée pour les concepteurs de ce système.

Le long de cette route qui va de Bandar au Kurdistan, les « Police Inspection » sont plus nombreux. Toujours la même absence de contrôle, mais avec treillis et mitraillette…

La route monte un peu, et à chaque fois le thermomètre perd un pouième de degré. Je voudrais voir un 3 s’afficher, et pas derrière un 4… Cela ne va arriver qu’à quarante kilomètres de Lar. Je n’avais pas réalisé que j’étais encore dans un désert, les distances sont longues et je demande à chaque check-point «Benzin ?» Finalement ce sera dans un village à 1 km de la route, une première, le plein au bidon et entonnoir.

Un peu abruti par la chaleur, je n’ai pas pensé à prendre de photo.

Les derniers kilomètres sont longs. Pas de guesthouse sur le GPS, je me rabats sur un hôtel. Demain il fera jour. J’entrerai dans la montagne de Zagros pour de bon.
Saeed me joint par Whatsap et me confirme la localisation de son village. J’ai hâte de rencontrer sa famille, et eux aussi, parait-il.

À demain pour une nouvelle étape. Douche and bed !

Carnet de voyage complet.

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