Jour 34, presque spéciale moto…


Carnet de voyage... / vendredi, mai 4th, 2018
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Iran
Ho bin gloups, j’avais fait lessive, mais peut-être à cause de la météo pluvieuse sur Kermanshah hier soir, ce matin, pas grand chose de vraiment sec. Pas de sèche-linge dans l’hôtel, bâ je mets mes slips et chaussettes accompagnés d’un t-shirt sur le porte-bagage du topcase, le tout retenu par un filet araignée et ça va sécher au vent de la course…

Je traverse la ville de bon matin, chaussettes au vent, en direction de Taq-e Bostan, un ensemble sculpté de la période sassanide, deux grottes et un bas-relief, attribués à différents rois avec moult discussions à la clef. Un témoignage de finesse et de civilisation avancée.

Un parc visiblement très fréquenté, même assez tôt le matin. Les kermanshaouais (c’est pas comme ça qu’on dit ?) viennent y courir, entre autres.

À la sortie, je photographie l’étal de Rajid qui vend des fruits verts (pas la couleur, la maturité), les verts, je connais, c’est une sorte de prune, les rouges à gauche, on dirait des cerises. Il m’en fait goûter, et il ma repéré le finaud, car il se tâte la bedaine en me disant «good for that» je lui réponds que ça tombe bien, car j’ai du cholestérol… Hé bien vous ne devinerez jamais, je viens d’apprendre un nouveau mot farsi !

Il est temps de décider de l’itinéraire du jour. Je vais rallier Marivan en prenant la route qui longe la frontière irakienne. Direction Ravansar, Paveh, le barrage de Daryan puis Dezli et Marivan, qui pourra être l’étape du soir suivant l’heure, difficile d’évaluer le temps sur les routes de montagne.

La première montée se fait dans un paysage qui ressemble aux Vosges, collines douces, vertes. C’est différent d’hier, où des vallées horizontales se raccordaient aux pentes en formant un angle. Ici les vallées sont plus larges, vallonnées, et des pentes douces les raccordent aux montagnes.
C’est la route des camions, certes, mais aujourd’hui c’est aussi la route des moutons…

Plus j’avance vers le nord, plus les points blancs aperçus au départ se transforment en nuages qui couronnent des sommets. Ici, près des grottes de Quri Qal’eh (pour touristes), il y a carrément un nuage qui est posé sur les crêtes.

Arrivée sur Paveh, on est accueilli par une statue de Ferdousi et cette vue sur la ville en étage.

Lâcher d’eau au barrage de Daryan, ouvrage contesté par de nombreuses personnes en Iran.

Je viens de vérifier, je suis à 2200, respire Fifi…

Check point au débouché d’un col sans nom… La chaîne et la barrière sont là pour interdire cette route sous contrôle militaire. Bâ oui, elle va vers l’Irak. Et les voitures qui en viennent ? Bâ j’ai pas envie de poser la question, Marivan, c’est par là ? «Ok, roda hafez 

Faux-semblant, la route monte toujours… Je me demande jusqu’à quand, je respire en rythme afghan, 3-1, 3-1
Pas facile de gérer l’altitude, 40 mètres avant-hier à Shoushtar, 1400 mètres hier à Kermanshah… Je ressens le manque d’oxygène et je redouble d’attention sur cette route piégeuse et très fréquentée, surtout aujourd’hui vendredi, c’est le jour des pique-niques.

Bâ il est où le paysage ? T’inquiète, suis bien la route, c’est tout. Et ne crois pas que tu verras les phares de celui d’en face, car il ne les a pas allumés, hé hé hé…

Hallucinations ? Je vois un cheval, puis un deuxième… Et ce troisième semble suspendu au-dessus du vide…

Pas loin de 3200 mètres, moitié fumée, moitié nuage, c’est peut-être le secret de Rajin, qui officie au col du Barbecue.

La température est à 9,5°C au col du Barbecue, heureusement elle va vite monter dans la descente sur Dezli. La descente est dangereuse, les virages sont parfois très resserrés, parfois très larges mais bosselés à l’extrême. Ajoutez à cela une forte densité de familles en goguette, et vous obtenez une challenge intéressant. Je survis néanmoins, sans grandes frayeurs. Mais c’est assez fatiguant.

Arrivé à la bifurcation de Biakara, je renonce à Marivan, qui s’annonce avec 20 km de bouchons, et je prends la direction de Sanandaj, route des camions qui roulent de nouveau, mais route bien dessinée, rapide, de quoi se faire plaisir sur 80 km, à mi-pente d’une vallée toute en courbes douces. La pluie tente de petites incursions, mais je file vers l’est, et elle ne me rattrape pas.

Arrivé à Sanandaj, de nouveau des bouchons, la veille un orage phénoménal augmenté de grêle a emporté des portions de boulevards, des égouts sont ouverts, des coulées de graviers et de boue… La ville est bien perturbée.

Je trouve grâce à la Police un hôtel près de l’Université du Kurdistan. Le wifi est bon et je contacte Lili et Jean-Claude à Téhéran par IMO. J’ai une nouvelle mission, prendre des photos du lac d’Orumyé et d’une décharge sauvage pour un futur chapitre « environnement » de Paris-Téhéran.

Ho bin j’ai l’air un peu endormi, c’est sans doute la pizza à l’iranienne, dans un faux cadre romain…

Dans le hall, je tape la discut’ avec Valérie, une Belge qui visite le Kurdistan en petit groupe amis-famille de trois voitures.

Demain, départ vers Hamedan et la tombe d’Avicenne, qui est appelé ici Bou Ali.

Bonne mais dure journée, je sens que le bruit, s’il y en a, ne va pas m’empêcher de dormir…

Carnet de voyage complet.

3 réponses à « Jour 34, presque spéciale moto… »

  1. Hello Philippe !
    Quel plaisir de lire ton carnet de voyage ! Textes et photos de tes plutôt joyeuses pérégrinations.
    Tu sembles drôlement bien te débrouiller en pays iranien, bravo. Du coup, je me demande comment je gèrerai le voyage et les situations quand j’y serai.
    Une chose lue dans un de tes précédents épisodes à laquelle je n’avais pas pensé : le point extrême est que tu as choisi pour commencer ton retour… Quand et comment l’as-tu choisi ?
    Je te souhaite bonne suite de trip.
    A bientôt,
    Gilles

    1. C’est un peu par hasard, je voulais voir Bam ( point est) et Bandar-Abbas (point sud). Et les régions plus lointaines ce sera pour une autre vie…

  2. Lulut, sympa l’ensemble sculpté, on y voit bien le caractère sassanide notamment grâce aux créneaux supérieurs en forme de ziggourats, pour le reste j ai du mal a comprendre ce que foutent 2 anges type catho dessus, dis moi la scène en dessous est un sacrement ou …les 3 rois mages? X)
    Là haut dans ces montagnes , on doit se sentir si insignifiant… Ca doit réveiller ^^
    Roule bien Fifi @+ 🙂

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