Jour 30, quelle carrière !


Carnet de voyage... / mardi, mai 1st, 2018
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Iran
Debout de bon matin, petit déj’ rapide et on fonce en taxi lent chercher la moto chez tonton… (le Mexicain n’y recrute toujours pas). Et départ pour Sivand 10 minutes avant 8h. On est habillé en léger, et il fait 17, puis 16 puis 15°C. On se les gèle en silence et on a vite fait de remonter les cols de vestes…

Ali semble apprécier de rouler sur une « grosse » moto. Arrivés à Sivand, nous rencontrons Ebrahim, l’ami d’Ali. C’est lui qui va nous conduire vers les fameuses carrières d’où les pierres de Persépolis ont été extraites. Pas de cars de touristes ici. Le guide c’est Ebrahim sur sa 125 trafiquée. Je le suis à travers la route principale pour prendre à gauche une piste qui passe sous la voie expresse Esfahan-Shiraz et relie quelques fermes, une petite cimenterie et la zone pastorale. Sur un piton tout proche se trouve une minuscule construction, c’est une tour de guet, si j’ai bien compris les gestes de Ebrahim, qui protège le nouvel emplacement de Sivand. Ou une mine de diamant si l’on croit la dénomination locale de l’endroit(madane almas boree en palehvi, l’ancienne langue des Achéménides, toujours parlée ici).

Après quelques kilomètres de piste (appelée ici route mais ce n’est pas du palehvi…), nous laissons les deux-roues sous la treille de la ferme de notre guide et commençons la grimpette. C’est maintenant que l’on regrette les 15°C du tôt matin…

On monte dans un grand éboulis, et on atteint la première zone intéressante. Un captage d’eau destiné à Persépolis. Dans toute la montagne, on va trouver ces rainures et les traces des canalisations. Chaque source est captée et utilisée.
Ebrahim indique à grands renforts de gestes la direction de la vallée et répète en boucle «Persépolis». Il est très fier des réalisations de ses ancêtres et de Sivand, sa ville.

La première carrière est impressionnante. Difficile de rendre l’absence de blocs en photo… On voit bien qu’il y a des grands espaces vides et que les parois portent des marques de taille, mais je n’ai pas de caméra 3D…
La taille se faisait au moyen de boules de pierre dure, éclat par éclat, le trait de scie mesure de 30 à 50 cm d’épaisseur. Les carrières sont diverses, l’une d’elle semble dédiée aux colonnes. Dans presque toutes, les coupes restantes forment un mini labyrinthe.

Les traces de taille déjà bien planes. La multitude d’éclats va former les éboulis que nous avons dû gravir, et aussi permettre de faire glisser les blocs vers la vallée. Enfin, vu la pente, glisser n’est pas spécialement le mot juste.


La window of Darius avec Ali et Ebrahim…




Ali sur le spike of Xerxés, notez la voie express vers Persépolis dans la vallée…

Ebrahim dans la chaise very old, celle d’a côté est pour Rika Zaraï, mais elle n’est pas là.
La zone des colonnes, du moins celles qui sont restées là pour x raisons.

Le thé sera bientôt prêt. Les pluies récentes n’ont pas laissé beaucoup de bois très sec, et ça fume bien…
Salon de thé…


L’ascension fut rude et longue, j’ai du affronter le vertige et les espaces étroits, mais heureusement pas trop la chaleur. Sans oublier un certain manque d’oxygène, car on est à environ 1800 mètres d’altitude. Les ouvriers ont réalisé une tâche colossale ici.
La descente se fait, après quatre heures de vagabondages, par un autre éboulis.
Hé oui, c’est la montée initiale, la rampe de lancement des blocs…

Nous reprenons les deux-roues pour rejoindre old Sivand plus haut dans la vallée. C’est l’emplacement de l’ancien village, qui bien que relativement caché, a été détruit par faits de guerre, toujours mimés par Ebrahim. Il me montre la tombe d’un estoudan (étudiant ?) Farogh Néribonn (phonétique).
C’est une très grosse dalle creusée d’une niche et dont les faces sont gravées de caractères anciens.


Nous rejoignons Sivand pour le déjeuner, avant de reprendre la direction de Marvdasht. Je quitte Ali avec émotion et je rejoins Shiraz où j’arrive à l’heure de pointe.

J’avais demandé à Nastaran, de la maison Safa près de Kashan, si elle pouvait me recommander une bumgardi à Shiraz, mais problème de connexion, j’ai dû booker dans un hôtel après trois guesthouse complètes ou sans parking.
Donc hôtel, blog, et promenade vers le parc qui jouxte le mausolée de Hafez, mais trop tard, c’est fermé. Shiraz by night est très animé. Conversations autour d’un sandwich avec deux vieux Iraniens un peu anglophones et très rigolards, et avec un couple qui promène une petite fille pas plus âgée que Sasha, mais tout aussi sage…

Demain il faudra trouver un garage pour la vidange de Bâbr-i Siyâh avant de prendre la direction de Shushtar…

Carnet de voyage complet.

Une réponse à « Jour 30, quelle carrière ! »

  1. héhé, la carrière est gigantesque 🙂

    J’aurai bien des réflexions à faire sur le sujet, du style…. Sont où les dizaine de milliers de boules pierre/outils détruites lors de la création de ces monumentaux blocs… Aaaah j oubliais le fait que les ouvriers les ramenaient religieusement à leur maison, cassées ou pas ce sont des boules outils magiques descendues du ciel, ca ne se jette pas 🙂

    Et comment faire pour faire chuter une colonne ou bloc de plusieurs tonnes (j’dirais dizaines) sur 50 mètres de vide en pensant qu’elle ou il va rester entier…. La réponse est simple, croyons en dieu! Ca résout tous les problèmes!

    Jusqu’à aujourd’hui j’ai vu beaucoup de simulations archéologiques plausibles sur les sujets qu’il est possible d’effectuer (et les archéos se pressent toujours pour les mettre en oeuvre si cela est possible je répète). Et beaucoup de simulacres qui ont montré de suite leurs limites par rapport à la réalité pour les affabulateurs patentés. Mais je n ‘ai encore jamais pu voir une simulation de taillage de ces blocs in situ à l’aide de ces fameuses boules de pierre outils… Quelle en est la raison mon cher? Pourtant c’est un grand dilemme, je dirais même la clef de la base du commencement de ces constructions…Donc quelque chose de plus indispensable que tout ce qui est « important » après. Donc pourquoi l’absence de cette simulation pour prouver définitivement à tous les abrutis comme moi, qui prétendent le contraire, qu’on a tort et que les blocs dépassant les tonnes ont été vraiment découpés avec des « boules de pierre » et déplacés, montés à la force des bras, sans aucun savoir ni technologie. Sur le sujet, j ai vu l expérience ratée de la construction d’une mini pyramide fabriquée avec des joints, effondrée quelques mois après (wahou la preuve par 100 que c’est possible). J ai vu la découpe d’un bloc calcaire pour simuler la fabrication d’une pierre de parement pour la pyramide de Khéops….. Un véritable foutoir, expérience totalement foirée, j avais l’impression de regarder un Benny Hill à la télé tellement c’étais poilant. Les types on utilisé tout le matos disponible actuellement pour le débitage de calcaire… Outils en fer avec manche, hé oui m’sieur pas de boule de pierre magique usitée… trous pour y mettre les burins , histoire de fendre la pierre, déjà préparés avant simulation avec marteau piqueur of course… Construction du bateau de transport avec des planches actuelles passées en scierie (ca se voit). Quand ils ont voulu charger le bloc de 3 tonnes sur l’embarcation à l’aide d’une grue toute récente et électrique si je ne m’abuse…. leur pauvre bateau a failli chavirer net.. ils ont dû retailler le bloc pour lui enlever 1 tonne sinon ca passait pas, ben ouaip le centre d’inertie de chaque chose c’est pas magique c’est physique. Si tu ne peux pas charger 3 tonnes te vantes pas d’en charger 100 tu passerais pour un pyramidion (ce que tu es vraiment égyptologue officiel où que tu sois). Ensuite ils ont galérer comme des nœud-nœud pour passer le Nil…. Le pire c’est qu’au final ils étaient fier comme si ils avaient prouver quoi que ce soit de viable après ce fiasco. J’suis même sûr qu’ils ont consigner ça quelque part comme étant LA Méthode de construction officielle car « prouvée » ici. VU qu’à peu près tout a été fait sur ce même principe dans le domaine de l’égyptologie et préhistoire, faut pas être surpris de trouver des illuminés qui croient aux ovnis et autres actes divins. De cette vision on tire une période de 20 ans de construction pour 2millions de blocs de granite…Pourquoi? Car c ‘était un tombeau dont le propriétaire à régné 20 ans, donc il ne faut surtout pas plus de temps pour construire sa pyramide de Khéops, sinon ça colle plus… Quand la science se comporte ainsi…on appelle plus ça science mais ésotérisme*.
    Bref j ‘suis pas Einstein loin de là…. Mais j’vois clairement quand on me prend pour une truffe à farcir ^^. Fais pareil avec leur pseudo science t’en verra plus et ça paraîtra moins religieux lol.

    Ca faisait longtemps qu’on ne m’avait pas refait le p’tit tour de passe-passe de la boule magique outil qui s’agite toute seule sous ton nez…et construit des monuments gigantesques sans effort ^^.

    Allez j passe au prochain article, merci tout plein pour les images 🙂

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